Aoste · Italy
Le village ouvrier
Ce quartier n'a pas poussé de lui-même : il a été conçu. Lorsque l'aciérie eut besoin de plus de main-d'œuvre que la vallée n'en pouvait fournir, la société bâtit les logements et, avec eux, l'école, l'église, le terrain de sport, les commerces. C'était une manière de procéder propre à ces années-là : l'entreprise ne fournissait pas seulement le salaire, elle fournissait le lieu où vivre, et donc une part considérable de l'existence de ses ouvriers. Les façades sont sobres, les rues régulières, les espaces communs prévus dès l'origine. En le parcourant, on comprend aussitôt qu'un dessin unique l'a précédé. Aujourd'hui y habite qui le souhaite, et l'usine n'est plus que l'employeur de quelques-uns.
Aller plus loin
Était-ce courant ?
Très, en Italie et en Europe entre les deux guerres. Les grandes entreprises bâtissaient des villages entiers près des usines. Certains étaient des projets généreux, d'autres une manière efficace de retenir le personnel. C'était en général les deux à la fois.
Qui est venu y vivre ?
Des familles venues surtout de Vénétie entre les deux guerres et du sud après 1945, avec des gens de la vallée descendus des villages. Pour beaucoup, ce fut le premier logement avec l'eau courante. Les langues qu'on y parlait n'étaient pas celles des villages alentour.
Et aujourd'hui ?
Un quartier ordinaire de la ville, avec ses commerces et ses jardins. La différence se voit sur le plan : la régularité et les espaces communs ne ressemblent pas au reste d'Aoste, qui a grandi morceau par morceau.
Où cela se trouve
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